Voilà, ce matin, sur le mur de mon amie Mary, je lis son post du jour consacré au 10 du mois d’une autre blogueuse, Claire Egalimère. Je lis le post attentivement, et comme toujours j’adhère, parce que ma copine, je partage la plupart de ses opinions et je la like à fond. Son article me touche, parce qu’il fait écho à mes convictions les plus profondes. J’avais bien envie de participer à cet e-évènement. J’ai commencé à penser à ce que j’allais écrire puis finalement, une émission de radio m’a fait dévier de mon sujet initial.

Je suis féministe et je dirais que je regarde toujours les hommes d’un air suspicieux. Bien oui, dans ma vie, ça n’a pas toujours été rose de ce côté-là avant de rencontrer mon mari. Et puis, l’exemple de la plupart des maris ou compagnons dans mon entourage ne m’a jamais incité à être plus indulgente. Je pense profondément que notre société n’a pas encore assez évolué sur la femme et ses droits. Aujourd’hui, j’écoute une émission sur les violences sexuelles faites aux femmes et bien, encore de nos jours, beaucoup croient que la femme a sa part de responsabilité dans le viol. Certains pensent même qu’en fait, leur non veut dire oui. Tu vois, ça m’est arrivé un jour. J’en ai jamais parlé. Tant pis. J’ai mis un terme à cette histoire grâce à ma force de caractère mais aussi parce que j’ai été épaulée par ma meilleure amie. J’ai perdu beaucoup de mon estime personnelle, j’ai eu beaucoup de peine à remonter la pente. J’ai rencontré alors mon premier mari qui sous ses airs de troubadour trop cool, a quand même essayé de me rabaisser par bien des façons. Bien forcée, mais finalement heureusement, j’ai fini par dire stop, je me suis enfuie.

Un jour, 2 années plus tard, j’ai eu une révélation : je méritais mieux, je devais me respecter pour moi-même, mes décisions étaient sacrées, j’étais sacrée. Fini d’être un objet, un faire-valoir, la femme de. J’ai commencé à m’ouvrir de nouveau au monde, ça n’a pas été facile, je ne te dis pas qu’aujourd’hui je suis en pleine possession de mon moi. Je doute beaucoup, je perds confiance parfois, je lutte avec moi-même. Mais j’ai rencontré mon deuxième mari. Lui, il en a bavé, il a payé pour tous les hommes. Jusqu’à ce que je comprenne qu’il était différent, très différent, anormal même selon des conceptions encore en cours.

Il n’a pas été élevé de la même façon que moi, sa mère ne lui a pas dit que c’était les femmes qui repassaient et cuisinaient, non, elle lui a appris. Chez moi, on se demandait ce que j’allais cuisiner à mon mari vu que je ne mangeais pas de viande, on m’appelait pour que je fasse le lit de mon frère, quand on était étudiants. Je ne dis pas que l’enfance et l’adolescence de mon mari ont été roses mais les obstacles de sa vie et sa mère lui ont appris à respecter les femmes, à ne pas juger et à se prendre en charge. Chez nous, c’est lui qui cuisine 98 % du temps, qui fait le ménage 70 % du temps et il s’occupe des enfants, comme moi. Notre façon de fonctionner a dérouté plus d’une personne, je me suis pris une tonne de remarques sexistes dans les dents. Mais voilà, c’est comme ça, personne n'à rien à y dire. C’est notre vie, elle est fonction de notre vécu, de notre quotidien.

Alors, mon message ici, c’est de dire aux petites filles, aux adolescentes : vous devez vous respecter et vous faire respecter. Votre corps est à vous, votre destin vous appartient. Vous ne devez pas vous déterminer en fonction de. Personne n’a à vous dénigrer, personne n’a à vous dire quoi faire, comment le faire en vous l’imposant. Vous valez autant qu’un homme, d’ailleurs, sans vous, il n’y aurait pas d’hommes…

 

J’ai deux petits garçons, ils jouent avec les jeux qu’ils veulent, sans distinction de genre. Je veux leur apprendre le respect, l’égalité, la dignité et la justice, c’est ma responsabilité. Parce qu’ils sont les hommes de demain. Continuer à véhiculer des préjugés sexistes dans notre éducation est néfaste et irresponsable. Notre société sera plus forte en avançant main dans la main et pas un sur le dos de l’autre.

 

Je remercie Claire Egalimère pour son rendez-vous, ton pseudo est d’enfer et je me sens aussi une égali-mère.